Marie-Josée

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Bienvenue en France! novembre 15, 2011

Filed under: Automne 2011 en France — mariejolem @ 1:35

Je suis dans la voiture en plein centre-ville de Grenoble et je commence à comprendre pourquoi les français se crient des blasphèmes ou s’impatientent facilement lorsqu’ils conduisent. Ça fait plus de 40 minutes que je tourne en rond pour me rendre à l’Office français de l’immigration et de l’intégration quand ça aurait dû m’en prendre 20. J’avais pourtant pris la peine de regarder sur une carte avant de partir et d’apprendre par cœur le trajet à suivre pour me rendre à destination, ça avait l’air si facile…

Tout se déroulait bien, jusqu’à ce que ma rue finisse en sens interdit et m’oblige à tourner à droite. Pas de panique, me dis-je, je n’aurai qu’à tourner à gauche à la prochaine, et à faire un petit tour de bloc plus loin pour me retrouver. Erreur, ici les rues ne sont pas parallèles comme au Québec, elles se croisent dans une diagonale ou une autre, avec des minuscules ruelles à sens unique et des ronds-points tellement énormes qu’il y a même des voies et des feux de circulation au centre.  Je tente donc de suivre le trajet qui me semble le plus logique, moi qui ait toujours eu un bon sens de l’orientation, je devrais être capable de me retrouver.  Pas de chance, il y a des constructions, la rue est bloquée. Je me laisse donc guider par les pancartes de détour, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y en a plus et que je ne sais plus du tout dans quelle direction je me dirige. Je recherche les noms des rues que je croise, sans succès, les affiches sont soit inexistante, soit tellement petites que je n’arrive pas à les lire. Je me fais dépasser par des motos à toute vitesse dans la voie de bicyclette à ma gauche (trouver l’erreur), et ensuite klaxonner parce que j’ai ralenti ne serait-ce qu’un peu pour tenter de lire le nom de la rue. Alors là, je peux vous dire que j’ai vraiment le goût de sacrer. Je prends une grande inspiration (me rappelant mes cours de méditation), je lève la tête vers les Alpes entourant Grenoble et reconnaît le massif de la Chartreuse devant moi avec à ma droite une des 3 grandes tours blanche (immeubles à logements construits dans les années 70, qui se démarquent considérablement de la vieille ville). Ça y est, je sais maintenant que je me dirige vers le nord. Je continu donc mon chemin jusqu’à l’Isère (rivière faisant un grand arc de cercle autour de la ville) et la longe  jusqu’à retrouver la route principale qui me mènera plus facilement à destination. Ouf, quelle galère (mot que j’ai adopté depuis mon arrivée, il se porte bien à plusieurs situations vécues ici!).

Arrivée à l’office de l’immigration, je questionne la dame de l’accueil sur les procédures à suivre pour avoir un rendez-vous médical (une des nombreuses étapes pour obtenir ma prolongation de Visa en France). Me répondant d’un air condescendant, elle me dit que ce n’est pas à moi de demander le rendez-vous, je dois remplir le formulaire, l’envoyer à la Préfecture, qui eux communiquerons directement avec elle, qui elle me rappellera pour me donner un rendez-vous. Pourquoi se donner autant de trouble, je suis là! En plus, la dame de la mairie, qui s’occupe d’envoyer mon dossier à la Préfecture, m’a dite à deux reprises de prendre rendez-vous directement par moi-même pour accélérer les démarches. Non, elles n’ont possiblement pas eu les mêmes formations pour les démarches à suivre. Je vais devoir retourner voir la dame de la mairie pour la troisième fois et lui expliquer que c’est bien à elle de faire les démarches pour moi. Et bien évidemment, je ne peux pas envoyer mon dossier moi-même à la Préfecture de Grenoble, puisque mon domicile se trouve à l’extérieur de la zone couverte par la ville elle-même…

Bienvenue en France! Il est vrai que je me sens parfois comme dans le film d’Astérix et Obélix lorsqu’ils se font promener dans l’immeuble administratif tel un labyrinthe sans fin, mais je dois avouer que depuis mon arrivée en France j’ai été très choyée. La majorité des gens sont très sympathiques, surtout en sachant que je suis québécoise, ils sont encore plus accueillants. J’ai même trouvé plusieurs employeurs prêts à m’embaucher, sans même avoir regardé mon curriculum vitae. Une fois les démarches administratives terminées, je ne risque pas de manquer d’emploi. J’ai plusieurs possibilités pour donner des cours de Pilates, j’ai aussi eu une offre pour faire de la cueillette de données pour faciliter la recherche sur la rougeole et également pour faire de l’enseignement aux masseurs-kinésithérapeutes à l’université de Grenoble. D’ici à ce que toutes ces belles expériences commencent, je me régale des fruits et légumes frais que je me procure dans différents marchés en plein air, de pain du jour encore chaud cuisiné dans la boulangerie du coin, et surtout je profite du paysage magnifique qui m’entoure. Mon copain et moi avons trouvé un superbe appartement situé au 4ième étage d’un immeuble construit à flanc de montagne, avec une terrasse de 35 mètres carrés (environ 4 par 8 mètres). Celle-ci donne sur une grande vallée entourée des 3 chaînes de montagnes environnantes, soit  Belledonne (dont les sommets à plus de 2000 mètres sont déjà blanchis par la neige), le massif du Vercors (plus connu puisque beaucoup de résistants s’y sont réfugiés durant la deuxième guerre mondiale) et le massif de la Chartreuse (avec  ses immenses falaises rocheuses laissant même voir à certains endroits les différentes couches de plaques tectoniques). C’est à cet endroit que je m’installe avec mon portable pour écrire, rien de moins pour s’inspirer quoi! Malgré la vue de la ville au fond de la vallée (où se situe la majorité des 150 000 habitants de Grenoble), et que je sois à 15 minutes de voiture du centre-ville,  j’ai parfois l’impression d’être en campagne. Un coq chante souvent dans une des cours de maison située tout près et à chaque heure, le clocher de la vieille église en pierre, à une centaine de mètres à l’ouest de notre demeure, sonne pour annoncer le temps qui passe. Celui-ci me semble d’ailleurs défiler  aussi vite d’un côté ou de l’autre de l’océan, même si mes changements et les trajets que j’emprunte sont différents des vôtres.

Au plaisir d’avoir de vos nouvelles! Je pense à vous très fort.

Marie-Jo

 

Une réponse à “Bienvenue en France!”

  1. mélou dit :

    ah non!! pas coincée dans la maison des fous!! Bon courage… Tu trouveras le bon chemin bientôt j’espère… Je pense fort à toi! xx


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